Je découvre ces odeurs que mille fois tu as senties, j'arpente ces rues que par coeur tu connais, je m'émerveille devant ce qui pour toi est si banal. Lorsque je regarde la Seine, sous les lumières dansantes du soir, je me dis que quelque part tu les vois aussi, oui, en voyant sous mon balcon tous ces gens qui passent, je ne peux m'empêcher de te chercher des yeux, au loin.
  C'est naïf, je sais.
Mais je regarde une fois de plus ces photos en noir & blanc que je connais par coeur, j'observe, le sourire aux lèvres, ton pétillant regard, ce sourire que tout le temps tu essayais de cacher, je me remémore tes délicieuses expressions, tous les traits de ton visage, et une fois de plus ça me fait rire. 
Comme à chaque fois, je me dis alors que quelque part j'ai tort de cultiver ces merveilleux et douloureux souvenirs, que je devrais cesser de regarder si souvent les larmes aux yeux ces images qui me font tant penser à toi. Et comme à chaque fois (il ne me faut guère plus de temps qu'il n'en faut pour y penser), je réalise une fois de plus qu'il absurde de prétendre pouvoir vivre sans toi, alors que je ne vis qu'à travers ton souvenir. 
Je passe entre les étales et je sens ta présence à tous les coins de rue, partout sur moi je sens tes yeux bleus qui me cherchent , chaque sourire ressemble soudainement au tien, et moi aussi je souris naïvement à cette illusion du bonheur. Je vois par la fenêtre la pluie qui tombe et je me demande si les gouttes trempent tes cheveux bruns, je scrute les parapluies et imagine que tu te caches un des nombreux passant sous mon regard, si tu es une des particule de ce tourbillon de couleurs.
Et partout autours de moi, cette air résonne. Oui, quand je ferme les yeux, que j'écoute les Velvet Underground, Venus in Furs, j'ai l'impression d'être seule au monde, et sur ma peau frissonnante je sens se poser tes mains blanches et froides, je tremble, de peur, de joie ? Mon cœur bat à tout rompre, mes pensées se perdent, se brouillent, et je perds également l'équilibre, mes pieds frolent l'herbe verte du " Caravan's Club " d'Abbey Wood, comme il y a si longtemps. Tu es là.

Paris est Toi .