Vendredi 23 janvier 2009 à 23:17
Réflexions d'un samedi soir.
Certaines choses sont installées depuis tellement longtemps en nous que le fait même de songer à les changer semble ridicule, utopique. Chez certaines personnes, le lunatisme fait partie de ces choses. J'aimerai pouvoir te dire que ce n'est pas le cas chez moi, mais je ne peux en te regardant dans les yeux t'affirmer que j'ai pleinement le contrôle de moi même, car je ressentirai alors ce pincement au coeur que l'on ressent lorsqu'on est sur le point de faire une promesse qu'on ne pourra tenir. Par moment, j'en viens même à espérer qu'en vérité c'est moi qui tire les ficelles de l'étrange jeux de mes émotions car cela signifierai que je pourrais changer ce que je suis uniquement à force d'efforts et de bonne volonté. Mais les choses se passent en vérité d'une toute autre façon. Comme si j'étais un pantin, dominé par ma peur de la déception, comme si accorder ma confiance à quelqu'un était un saut dans le vide. Au fil des jours ou même des instants, mes pensées chavirent, changent d'horizon. Un jour sûre de mes sentiments, la grandeur de ceux ci m'effraiera le lendemain. Si je sais la réalité des choses, ces inopportunes interrogations que je ne peux restreindre ne manque pas inlassablement de chambouler mes idées et certitudes. La confiance n'est malheureusement pas qu'une croyance aveugle en quelqu'un, quelque chose que l'on range à tout jamais au fond du tiroir de nos certitudes et plus jamais n'en bouge; elle est une espérance sans cesse remise en question, et chaque confidence un pari sur l'insondable, le subjectif, l'imprévisible. Je me sens comme un funambule qui aurait le vertige : je sais pertinemment qu'en fixant un point de l'autre côté du fil je trouverai paix et équilibre, mais je ne peux m'empêcher de scruter le vide me séparant du sol, faisant de moi une proie facile pour le vent qui me promène au gré de ses envies. Un jour je comprendrai toutes ces choses et répondrai à ces questions métaphysiques, et je pourrai alors enfin cesser de craindre continuellement. Je sais que ça ne se fera pas en un jour, j'ignore même si j'arriverai jamais à te livrer toutes ces choses que je suis moi même incapable de nommer, mais je te promets d'essayer, car malgré le fait que persisteront toujours au fond de moi ces songes en forme de terres vierges, j'arrive à présent quand je ferme les yeux à imaginer un soleil qui se lève là où on ne connaissait l'obscurité, et qui éclaire de ses inattendus rayons l'immaculée pénombre de mes pensées.
- De maux à mots, il n'y a qu'un pas. -
Tu te reconnaitras.
Radiohead - Idiotheque.
- Ne faites pas attention au clip. -

Publié par playground-love