PlaygroundLove

' C'est un jour en été pour des siècles en hiver '

Samedi 12 décembre 2009 à 23:26

Je découvre ces odeurs que mille fois tu as senties, j'arpente ces rues que par coeur tu connais, je m'émerveille devant ce qui pour toi est si banal. Lorsque je regarde la Seine, sous les lumières dansantes du soir, je me dis que quelque part tu les vois aussi, oui, en voyant sous mon balcon tous ces gens qui passent, je ne peux m'empêcher de te chercher des yeux, au loin.
  C'est naïf, je sais.
Mais je regarde une fois de plus ces photos en noir & blanc que je connais par coeur, j'observe, le sourire aux lèvres, ton pétillant regard, ce sourire que tout le temps tu essayais de cacher, je me remémore tes délicieuses expressions, tous les traits de ton visage, et une fois de plus ça me fait rire. 
Comme à chaque fois, je me dis alors que quelque part j'ai tort de cultiver ces merveilleux et douloureux souvenirs, que je devrais cesser de regarder si souvent les larmes aux yeux ces images qui me font tant penser à toi. Et comme à chaque fois (il ne me faut guère plus de temps qu'il n'en faut pour y penser), je réalise une fois de plus qu'il absurde de prétendre pouvoir vivre sans toi, alors que je ne vis qu'à travers ton souvenir. 
Je passe entre les étales et je sens ta présence à tous les coins de rue, partout sur moi je sens tes yeux bleus qui me cherchent , chaque sourire ressemble soudainement au tien, et moi aussi je souris naïvement à cette illusion du bonheur. Je vois par la fenêtre la pluie qui tombe et je me demande si les gouttes trempent tes cheveux bruns, je scrute les parapluies et imagine que tu te caches un des nombreux passant sous mon regard, si tu es une des particule de ce tourbillon de couleurs.
Et partout autours de moi, cette air résonne. Oui, quand je ferme les yeux, que j'écoute les Velvet Underground, Venus in Furs, j'ai l'impression d'être seule au monde, et sur ma peau frissonnante je sens se poser tes mains blanches et froides, je tremble, de peur, de joie ? Mon cœur bat à tout rompre, mes pensées se perdent, se brouillent, et je perds également l'équilibre, mes pieds frolent l'herbe verte du " Caravan's Club " d'Abbey Wood, comme il y a si longtemps. Tu es là.

Paris est Toi .

Publié par playground-love

Samedi 12 septembre 2009 à 15:17

 
  Quelle étrange impression que de se sentir invisible au milieu la foule. Je vois passer autours de moi ces visages fermés qui se bousculent, se reconnaissent, puis se délaissent. Indifférents.
Noyée dans mes sentiments contradictoires, mes désirs, je cherche un regard auquel me rattraper. 
J'aimerai tellement aimer cet inconnu, et celui là, et l'autre encore. Ses yeux se posent sur moi et regardent le vide. Est-ce que j'existe ? 
   Mes rires sonnent faux, mais qui le remarquera ?

    Je suis le plus aimable de tous les pantins. 

     Quelle étrange impression que de perdre pied soudainement. Mes certitudes s'effondrent en même temps que mes résolutions. En un instant, le monde tourne autour d'elles et ne semble même plus remarquer ma présence. Propulsée dans le néant. Pourquoi suis-je là ? Eux brillent de milles feux et je ne suis que poussière d'étoile.

   J'écoute cette chanson qui me rattache à vous, comme une illusion du bonheur. Ces notes qui s'emmêlent et s'embrassent rendent leur sens à mes pensées. Mon coeur recousu d'illusions, se remplit de vos sourires. Il se serre et j'aime ça. Je vis. 
   Je murmure ma peine qui s'échappe et aimerai que ce moment soit le dernier, tant il frôle la perfection. Mes yeux se ferment sur l'immensité de mes souvenirs. A chacune de mes larmes se rattache un rire, et je rêverai de me perdre dans ce néant magnifique. 

   Une larme, cachée au coin de ma bouche, se déguise en sourire. 


' Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. '



Misty Morning,

S.C.


Publié par playground-love

Dimanche 1er mars 2009 à 22:26

    D'où nous vient-donc cette étrange et inéluctable manie de toujours quoi qu'il arrive voiler nos sentiments et conformer nos émotions afin de ne jamais franchir une ' limite ' qu'on ne saurait nommer  ? Voilà que mes maux redoublent à les tenir secrets, et je réalise non sans étonnement que finalement, le fait de livrer ce qui est profondément enfouit n'est absolument pas une question de confiance. Je me sens prise au piège dans l'impitoyable étaux de mes sentiments et sens revenir vers moi inexorablement ce néant qui m'emplit, sinistre invité en mon coeur violé, si bien connu tyran, si aimable douleur : l'amour refoulé.  Cette flamme qui grandit à être attisée, ces rêves qui ouffrent de n'avoir été brisés, emplissent de nouveau mon âme d'une trop grande peine qu'elle ne peut contenir, et je sens  sur mes joues couler les larmes que je veux retenir, preuve indéniable que mon mal  se veut être partagé. Mais à qui puis-je confier que le  triste assassin de ma candeur passée, le fatal poison de mes belles pensées , ce si cher ennemi, n'est autre que celui qui  fait naître en mon coeur cette fragile mélodie qui anime mes jours et rend si dures mes nuits , si ce n'est qu'à moi même, ou à un anonyme ? Il allume mon coeur d'une passion indicible et meurtrit mon âme d'un mal irrepressible. Si sa même vie me coûte son absence me tue. Mais mon esprit blessé ne n'avoir, une fois de plus, pu réprimer les indésirables élans de mon amour blessé, va devoir remplir une tâche bien pire, compenser en mon corps la maudite source de cet étrange désir, et palier au manque de mon moindre plaisir :  il est parti.


' Ma plus douce espérance est de perdre l'espoir. ' Corneille.


Publié par playground-love

Vendredi 30 janvier 2009 à 21:21

         Nos rires que j’entends comme une douce tromperie à l’arrière goût amer, reflet de ce qui jamais ne sera. Espoir incertain que ton lointain regard me révèle un jour tout l’étendue de sa complexité. Les divagations de mon esprit sont peut être pour moi la pire des punitions pour avoir trop longtemps rêvé du paroxysme des sentiments alors que je n’aurai jamais droit qu’à la blessure mille fois répétée de l’amour déçu. Ces rêves fous qui en souffrent de ne pas être brisés font de moi au réveil l’âme la plus meurtrie, et mon plus grand espoir est de ne plus jamais sortir de l’apaisante torpeur de mes songes. Chaque nuit quand mon cœur  s’ouvre inexorablement à l’infinie obscurité, un sourire se dessine sur mes lèvres et j’accueille à bras ouverts le sournois assassin de ma sérénité et de mon insouciance, poison lent mais certain de ma candeur. Mais j’abandonnerai sans regret aucun l’innocence de mon regard et condamnerai mon cœur au bûcher perpétuel de ceux qui ont aimé outre mesure pour une heure par nuit connaître la douce illusion de tes lèvres sur les miennes.


' L'amour meurtrier, l'amour infâme, l'amour funeste. Amour. Amour. Unique vie en ce monde. '
Anne Hébert.



Publié par playground-love

Vendredi 23 janvier 2009 à 23:17

 
Réflexions d'un samedi soir.
 
Certaines choses sont installées depuis tellement longtemps en nous que le fait même de songer à les changer semble ridicule, utopique. Chez certaines personnes, le lunatisme fait partie de ces choses. J'aimerai pouvoir te dire que ce n'est pas le cas chez moi, mais je ne peux en te regardant dans les yeux t'affirmer que j'ai pleinement le contrôle de moi même, car je ressentirai alors ce pincement au coeur que l'on ressent lorsqu'on est sur le point de faire une promesse qu'on ne pourra tenir. Par moment, j'en viens même à espérer qu'en vérité c'est moi qui tire les ficelles de l'étrange jeux de mes émotions car cela signifierai que je pourrais changer ce que je suis uniquement à force d'efforts et de bonne volonté. Mais les choses se passent en vérité d'une toute autre façon. Comme si j'étais un pantin, dominé par ma peur de la déception, comme si accorder ma confiance à quelqu'un était un saut dans le vide. Au fil des jours ou même des instants, mes pensées chavirent, changent d'horizon. Un jour sûre de mes sentiments, la grandeur de ceux ci m'effraiera le lendemain. Si je sais la réalité des choses, ces inopportunes interrogations que je ne peux restreindre ne manque pas inlassablement de chambouler mes idées et certitudes. La confiance n'est malheureusement pas qu'une croyance aveugle en quelqu'un, quelque chose que l'on range à tout jamais au fond du tiroir de nos certitudes et plus jamais n'en bouge; elle est une espérance sans cesse remise en question, et chaque confidence un pari sur l'insondable, le subjectif, l'imprévisible. Je me sens comme un funambule qui aurait le vertige : je sais pertinemment qu'en fixant un point de l'autre côté du fil je trouverai paix et équilibre, mais je ne peux m'empêcher de scruter le vide me séparant du sol, faisant de moi une proie facile pour le vent qui me promène au gré de ses envies. Un jour je comprendrai toutes ces choses et répondrai à ces questions métaphysiques, et je pourrai alors enfin cesser de craindre continuellement. Je sais que ça ne se fera pas en un jour, j'ignore même si j'arriverai jamais à te livrer toutes ces choses que je suis moi même incapable de nommer, mais je te promets d'essayer, car malgré le fait que persisteront toujours au fond de moi ces songes en forme de terres vierges, j'arrive à présent quand je ferme les yeux à imaginer un soleil qui se lève là où on ne connaissait l'obscurité, et qui éclaire de ses inattendus rayons l'immaculée pénombre de mes pensées. 

- De maux à mots, il n'y a qu'un pas. -
Tu te reconnaitras.


Radiohead - Idiotheque. 
- Ne faites pas attention au clip. -

Publié par playground-love

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